• - Le Prâna

    1) La force de vie cosmique entoure et imprègne toute réalité, jusqu'au moindre atome, et notre respiration est capable de l'attirer dans notre corps.
    Chaque acte peut s'accorder à cette Force de vie, chacune de nos pensées s'harmoniser avec elle.

      2) La respiration elle-même n'attire pas cette Force de vie cosmique dans le corps humain. Nous ne pouvons vraiment nous approprier cette Force que si une concentration spécifique accompagne notre respiration physique. Cette Force de vie est tellement plus subtile que notre atmosphère qu'elle échappe aux processus physiques. L'électricité ne pénètre pas davantage dans notre corps par la simple respiration. Une certaine quantité d'"électricité" s'intègre bien entendu à notre métabolisme avec chacun de nos gestes, et il en va de même avec la Force de vie cosmique, parfois appelée Prana.
    Tout ce vers quoi s'oriente notre attention laisse une trace dans notre esprit. Cette impression se développe en idée, exprimée ensuite par des mots. Il s'agit d'une espèce de respiration mentale.
    L'attention intérieure, l'attente profonde, doit être parfaite dans chaque domaine de notre être. Lorsque l'attention vers l'extérieur se couple à cette concentration intérieure, lorsqu'elle s'oriente constamment vers la perfection de l'univers, comme dans le cas de "l'œil de l'âme" évoqué par Sénèque, les éléments des forces cosmiques pénètrent en nous.
    Les mystiques ont toujours enseigné que la concentration renferme le secret de la réussite dans notre rapport avec les forces cosmiques. Une attention profonde, sincère, permanente, à l'éther spirituel dans lequel nous baignons, un corps complètement décontracté, un intérêt à tout, une ouverture d'esprit absolue sont indispensables à cette "respiration intérieure".
    Cette "respiration de l'âme" permet au moi de retrouver son éther d'origine, la Force de vie qui pénètre toute chose, l'éther spirituel selon Steinmetz, jusqu'à ce que la concentration l'aspire dans l'ensemble de l'être.

    3) Cette force de vie étant cosmique, elle imprègne tout. Elle stimule la multiplication cellulaire, en permet le développement, active la croissance du corps ou des plantes. Élément fondamental de la vie, elle génère toute forme de développement. Elle imprègne la vie, car elle est, comme toute force, à la fois négative et positive. Elle agit et interagit avec elle-même, comme les courants d'air agissent et interagissent. On pourrait dire que l'air respire, qu'il se meut et qu'en même temps il réagit sur lui-même.

    4) La méthode d'appropriation consciente de la Force de vie cosmique, ou Prana, appelle le Pranayama, que l'on peut considérer comme l'inspiration du Prana. Il s'agit d'une pratique de respiration consciente de la Force de vie cosmique. Je ne peux ici indiquer de procédure précise, et il serait trop long de décrire intégralement la technique de la respiration pranique. Vous devez commencer par une respiration saine, puis définir, minutieusement, sincèrement, une méthode personnelle conduisant à un processus équilibré. Comme je l'ai dit plus haut, la concentration représente l'aspect fondamental de ce processus - elle doit être dirigée vers la plus haute source d'énergie existante, la présence universelle, Dieu.
    Comme l'esprit doit se détendre complètement, la mise au point d'une méthode de relaxation, quelle qu'elle soit, constitue l'étape suivante d'un processus sain. De fait, le Prana, la substance spirituelle, est si subtil, si sensible, que la moindre action le perturbe. Avez-vous jamais essayé d'attraper un morceau de gaze ou du duvet flottant dans l'air ?
    N'importe quel geste nerveux ou brusque l'éloigne. On ne peut s'en saisir qu'en agissant doucement, comme si on le laissait venir entre nos mains, de sa propre volonté. Cette image donne une assez bonne idée de la méthode à suivre. Elle s'apparente au mécanisme de la remémoration : un effort mental intense ne permet pas de retrouver le souvenir enfoui, mais, quand on laisse l'esprit se reposer et que l'on réfléchit tranquillement, l'idée refait rapidement surface.
    Il en va de même avec le Prana, on l'inspire dans la tranquillité et la confiance. L'esprit doit être totalement libre et le corps complètement détendu. Il faut éprouver une sensation de liberté totale et d'expansion complète, comme si les cellules du corps se déliaient les unes des autres jusqu'à se retrouver presque séparées. Et poursuivre cet exercice jusqu'à oublier tout sentiment de limitation physique. Nous nous trouvons alors dans l'état mental et physique idéal pour accueillir la Substance universelle à travers tout notre être. Ayant accès à toutes nos cellules, ce facteur de vie nourrit et revigore, particulièrement le corps humain. Cette méthode de contrôle aide le corps à demeurer jeune et plein de vibrations.

    5) Cet exercice nourrissant et revigorant  permet aux cellules et aux tissus du corps de se dilater, d'où une meilleure oxygénation du corps. Chaque cellule bénéficie d'une aération spirituelle générale grâce à l'action des éthers originaux dont nous procédons. De même que, dans un rayon de lumière, on retrouve les diverses couleurs fondues en une seule, de même le Prana contient tous les composants de la vie, l'essence profonde de toutes les forces intérieures.
    Le Prana n'est pas l'oxygène, mais ce qui lui donne vie, il est la vie effective présente dans cet élément. Il apporte sa force à l'électricité, sa conscience à l'esprit. En d'autres termes, il se trouve au fondement de toutes les forces inférieures, se tient à leur principe et les nourrit. Les Écritures nomment Esprit Divin.
    Le Pranayama -la respiration spirituelle- permet le développement sain de tous les éléments impliquées dans la croissance du corps, qui se trouvent ainsi oxygénés, "aérés", comme on le dit d'objets exposés à l'air ou au soleil pour les rafraîchir. Lorsque le corps est relâché que l'esprit et l'âme sont libérés, que l'être se détend pour permettre consciemment au Prana de l'imprégner tout entier, notre nature est entièrement requinquée, ravivée, rafraîchie, nourrie.
    La concentration constitue le secret fondamental du Pranayama, de l'art de la respiration spirituelle. Même pour tirer le meilleur parti d'un bain de soleil, il faut faire attention au soleil.

    6) Grâce à  ce genre d'entraînement, certains yogi réussissent à suspendre leurs processus vitaux pendant un certain temps. Ils reposent l'ensemble de leur métabolisme, ainsi régénéré au contact de l'origine, de la source.
    Les composants fondamentaux de la vie se retrouvent en relation avec la chair elle-même. De la même façon, et avec les mêmes résultats, les yogi suspendent leur respiration.
    C'est un peu comme de revenir à l'air libre après une longue immersion dans l'eau.
    Si l'on tente de suspendre ses processus vitaux et la respiration, on se "noie" littéralement. Mais s'étendre et se relaxer jusqu'à devenir conscient des éthers qui donnent la vie nous apporte une telle vitalité, une telle fraîcheur, une telle satisfaction, que l'on n'a plus besoin ni de la respiration ni des autres fonctions corporelles. On devient vivant de l'intérieur.

    7) Cet exercice revitalise le corps, mais aussi l'esprit.
    Les hommes pensent de manière erronée, à cause de leur tension d'esprit, de leur confusion - il en va de même pour la parole -, qui les empêchent de fonctionner librement. Avec le Pranayama, la nature se détend et fonctionne de façon plus libre, plus parfaite.
    C'est comme si l'on desserrait les courroies trop tendues d'une machine et que l'on y injecte de l'huile.
    Tout marche alors plus librement. La mémoire s'alimente à un millier de sources différentes et l'on se souvient de ce que l'on était à l'origine. Tout vient sans effort, ce que l'on veut savoir se présente aussitôt à l'esprit. Comme le Prana imprègne tout, il y a nécessairement une relation étroite entre lui et cette fonction de l'esprit. Le Prana n'autorise par nature aucune séparation, car il unifie toutes les fonctions de l'individu dans l'universel. Énergie au fondement de tout, universel, il donne accès à toutes les activités, des milliers et des milliers en même temps. La matière, à son état originel, est énergie et vice-versa. Ces deux formes ne sont que deux aspects d'une énergie primaire unique, le Prana, ou l'Esprit.

    8 ) Plus profondément, nous pouvons considérer le Prana comme l'un des éléments de l'Esprit, car celui-ci n'est pas seulement énergie mais aussi intelligence et substance.
    Il est plus subtil que l'éther. Le monde occidental définit l'éther comme du Prana, alors qu'il y a une différence de subtilité et d'effet. L'éther est potentiel, alors que le Prana est toujours actif. L'éther est le Prana en devenir, le Prana en voie d'apparition.
    Les forces les plus subtiles de la nature, telles que l'électricité ou les autres éléments fugaces de la création, sont des séparations et des supports par lesquels et à travers lesquels le Prana agit.

    9) Lorsque le corps humain ou toute entité matérielle se décompose, il retourne au Prana, d'abord sous des formes d'énergies variées, puis il rejoint la Force universelle originelle.
    Si le Prana était en permanence absorbé par tout le corps humain, la chair serait éternellement revitalisée, elle deviendrait de plus en plus animée, de plus en plus vivante, et le dernier ennemi serait vaincu.
    Certains réussissent à triompher de la vieillesse et de la mort grâce ou à travers la compréhension du Prana. Ils reconstruisent leur corps sous influence pranique.
    Cela se produit à un degré infime chaque fois que l'on dort ou que l'on se repose, mais si l'on se concentre sur la Présence pranique, si l'on détend complètement son corps et son esprit, l'attention attire dans tout l'être le Prana omniprésent ; on atteint alors le plus haut degré de renouveau spirituel et corporel.

    10) Comme on le voit, l'intelligence est l'attribut primordial de l'être, l'activité de la conscience est le Prana, ou force vitale de création, et la substance est la forme à travers laquelle toutes deux agissent. L'intelligence, la vie et la substance composent la trinité des éléments fondamentaux définis par le monde occidental. L'intelligence est l'aspect de connaissance, la vie son aspect d'animation, son aspect vital, et la substance l'aspect qui a la capacité de forme.
    Le Prana sert d'ordinaire à réunir la matière et les composants de la vie. Ce sont des véhicules ou supports à travers lesquels l'intelligence agit pour diriger et déterminer les formes créées.

    11) Cette intelligence primordiale, la vie et la substance sont très exactement le Tout-Puissant en action, mais chaque être humain doit en devenir conscient.
    Dieu élit l'individu et Se sert de lui consciemment autant que l'individu Le choisit.

    12) Le Rayon cosmique dont parle Millikan est une onde pranique incluant neuf subdivisions qui peuvent se révéler fort utiles, si l'on sait s'en servir correctement.
    Ces neuf types de rayonnement émanent de l'Énergie pranique, de la même façon que les sept couleurs proviennent de la lumière blanche. La création n'est faite que de la séparation et de la recombinaison des diverses influences, ou énergies, qui dérivent des éthers praniques.

    13) Lorsqu'on retourne au centre de quelque chose, on trouve une pure lumière, la lumière intérieure dont parle Jésus. La lumière de l'illumination est d'autant plus intense que l'éveil spirituel d'un individu est plus élevé. N'avez-vous pas remarqué que votre visage rayonne lorsque vous vous réveillez dans la joie ? Quelqu'un de spirituellement éveillé émet une lumière vive.
    Voilà pourquoi les artistes représentent Jésus avec un halo. La lumière est vie. C'est "la lumière qui illumine chaque homme qui vient au monde", le feu que les postulants aux écoles initiatiques devaient traverser pour accéder à l'illumination. Cette lumière nous entoure de toute part. Émanation des éthers praniques, elle est l'alpha et l'oméga de la création. Dès que vous pourrez vivre dans la lumière, comme vous vivez aujourd'hui dans la conscience de votre corps, vous serez immortel car la lumière ne meurt jamais.
    J'ai lu qu'une espèce de lueur était apparue en Transjordanie, alors que les archéologues étaient convaincus qu'il n'y avait jamais eu de grande civilisation antique dans la région. Ceux qui ont suivi cette lumière ont presque aussitôt découvert des restes archéologiques. Il en est allé de même en Iran. Nous ne l'avons pas encore vue dans le désert de Gobi. L'histoire dit néanmoins que la lumière s'est toujours manifestée dans ce pays. Elle est apparue sur la première tour de Babel, une tour de pierre en forme de pyramide à degrés.
    Seul l'œil unique peut voir cette lumière qui nécessite de concentrer son attention au point que tous les sens, toutes les facultés d'un individu soient orientés dans une seule direction. C'est ce que les Écritures appellent la "lumière de Son visage".

    14) Dans les Révélations, Jean évoque la lumière de la Nouvelle Jérusalem. Sachant très bien utiliser la Lumière pranique, il a élargie sa vision jusqu'à l'embrasser toute entière. Cela va, bien entendu, très au-delà de ce que nous appelons la clairvoyance, bien qu'elle en soit un moment.
    En réalité, la clairvoyance n'est qu'un pas en retrait dans l'évolution. Si on l'utilise, on se place sous une lumière empruntée à autrui, alors que la véritable lumière, celle qui éclaire chacun de nous, se trouve en nous-mêmes.

    15) Nous devons nous avancer jusqu'à cette lumière pour que les sens inférieurs, qui nous empêchent de recouvrer nos titres de naissance nous laissent passer. Les activités bornées nous éloignent du développement et de l'utilisation de la Lumière pranique au moyen de notre sens le plus élevé. Nous nous mettrons à utiliser les facultés psychiques, qui deviendront de précieux instruments, lorsque la Lumière pranique se sera déployée.
    Elle est à la source des pouvoirs psychiques. Mais la médiumnité et le prétendu "développement psychique" ne sont nullement des étapes du développement de la Lumière pranique directe.

    16) On peut toujours l'invoquer pour vaincre une force dégradante et hostile, de même qu'on utilise la lumière afin de dissiper l'obscurité. Elle peut devenir le centre du Je Suis.
    L'affirmation "Je suis la force de cette Lumière pranique et je la projette et je la mets en avant dans sa toute-puissance" brisera chaque fois cette configuration des forces ou des voix conflictuelles.
    Mais il faut que ce soit la voix du Christ Lui-même, le véritable Je Suis en chaque individu.
    Ce Je Suis ne se situe ni au-dessus ni au-dehors mais au centre même de notre être. Comme Jésus l'a déclaré : "Je n'ai rien , sauf ce qui vient au Nom et par le Pouvoir du Christ." Une telle phrase met en jeu l'incarnation la plus haute du Prana.

    17) La transfiguration du Christ a eu lieu lorsque la conscience de Jésus a compris que l'intelligence, la vie et la substance ne faisaient qu'un en dernière analyse et que cette Unicité était ce que nous appelons le Père, ou la Cause primordiale, de même que les couleurs du spectre renvoient toutes à un pur rayon de lumière blanche.

    18) Il n'y a qu'UNE Conscience, UN Principe, UN Sens.
    Tout paraît compliqué lorsqu'on s'attache trop aux particularités, aux fonctions et aux attributs apparemment divergents. L'application de l'esprit à des facultés diverses ne mène qu'à la dispersion, et on s'éloigne de plus en plus de la source.
    Regardez, notre Dieu est UN. Avec l'idée unique de Forces praniques toujours actives en nous et autour de nous, nous retrouvons notre unité, nous faisons un avec le tout.
    Comme l'a dit Jean : ce qui est dehors est en réalité dedans. Il a approché cette grande Force pranique permanente, toujours active. Son action se déploie tout au long de la création, dans l'univers entier.


    "Treize leçons sur la vie des maîtres", Spalding.




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