• - Créativité...

    Ceci est une histoire qu'on raconte au sujet de Bouddha.

    Il y avait un homme qui était presque fou, fou de meurtres. Il s'était juré de tuer mille personnes, ni plus ni moins. La société l'avait maltraité et c'était la vengeance qu'il avait choisie. Et de chacune de ses victimes, il prendrait un doigt et en ferait un rosaire autour de son cou. A cause de ce voeu, il fut surnommé Angulimala, l'homme au rosaire de doigts.

    Il avait déjà tué neuf cent quatre vingt dix neuf personnes ! Chaque fois que l'on apprenait l'endroit où il se trouvait, personne n'osait plus s'y aventurer, le va-et-vient s'arrêtait. C'est pourquoi cela lui devint très difficile de trouver le dernier homme afin que son voeu fut accompli.

    Bouddha s'approchait d'une forêt. Les gens du village allèrent à sa rencontre et lui dirent :

    "N'y va pas ! Angulimala, le meurtrier fou s'y trouve. Il n'y regarde pas à deux fois, il assassine. Il ne prendra pas en considération le fait que tu es Bouddha. Ne passe pas par là ! Il y a un autre chemin..."

    Bouddha répondit :

    "Si je n'y vais pas, qui ira ?... C'est un homme, il a besoin de moi. Je dois prendre ce risque. Soit il me tuera, soit je le tuerai." Bouddha poursuivit sa route. Même ses plus proches disciples, qui avaient juré de le suivre jusqu'au bout, commencèrent à rester en arrière.Il devenait dangereux de le suivre !

    Aussi, lorsque Bouddha s'approcha de la colline où Angulimala était assis, il n'y avait plus personne derrière lui, il était seul. Tous les disciples avaient disparu.

    Angulimala jeta un regard sur cet homme innocent comme un enfant, si beau, que même lui, un meurtrier, ressentit de la compassion à son égard. Il songea : "Cet homme semble ne pas être au courant de ma présence, sinon il saurait que personne ne prend ce chemin." Après quelques instants de réflexion, il se dit encore : "Il n'est pas bon de tuer cet homme. Je vais le laisser, je puis trouver quelqu'un d'autre."

    Il cria à Bouddha :

    "Arrière ! Arrête-toi où tu es et rebrousse chemin ! N'avance plus d'un pas ! Je suis Angulimala et voici neuf cent quatre vingt dix neuf doigts, il m'en manque un seul. Même si ma mère venait à passer, je la tuerais et j'accomplirais mon voeu ! Aussi ne t'approche pas, je suis dangereux ! Et je ne crois à aucune religion; il se peut que tu sois un très bon moine, peut-être même un grand saint, mais je n'en ai cure. Ton doigt vaut celui d'un autre. Ne fais pas un pas de plus, sinon je te tuerai. Arrête !"

    Mais Bouddha continait d'avancer. Angulimala se dit : "Ou bien cet homme est sourd, ou il est fou." Et à nouveau, il s'écria : "Arrête ! Ne bouge plus !"

    Bouddha répondit :

    "Il y a longtemps que je me suis arrêté. Je ne bouge pas, Angulimala, c'est toi qui bouges. Il n'y a plus de but pour moi... et lorsqu'il n'y a pas de motivation, comment peut-il y avoir mouvement ? C'est toi qui bouges et je te le dis : arrête-toi !"

    Angulimala se mit à rire :

    "Tu es vraiment un sot, ou alors tu es fou ! dit-il. J'ignore quel sorte d'homme tu es !"

    Bouddha s'approcha et dit : "J'ai entendu dire que tu as encore besoin d'un doigt. En ce qui concerne ce corps, il m'a permis d'atteindre mon but, il est devenu inutile. Tu peux l'employer, ton voeu peut être accompli, coupe mon doigt et coupe ma tête. Je suis venu exprès, car c'est la dernière chance pour mon corps d'être employé d'une façon ou d'une autre."

    "Je croyais être le seul fou par ici, s'étonna Angulimala. Mais n'essaie pas de jouer au malin, car je peux encore te tuer."

    Bouddha répondit :"Avant de me tuer, fais une chose, c'est le simple voeu d'un homme qui va mourir : coupe une branche de cet arbre." Angulimala frappa l'arbre de son épée et une grande branche tomba.

    "Et maintenant, fais encore une dernière chose, ajouta Bouddha, joins-la de nouveau à l'arbre !"

    Angulimala dit :

    "Cette fois je sais que tu es complètement fou. Je puis couper, mais je ne puis joindre."

    Alors Bouddha se mit à rire :

    "Si tu peux seulement détruire et non créer, tu ne devrais pas détruire, dit-il, car la destruction peut être faite par des enfants, elle n'implique aucune bravoure. Cette branche peut être coupée par un enfant, mais pour la remettre, il faut un Maître. Et si tu ne peux même pas réunir une branche à l'arbre, qu'en est-il des têtes que tu tranches ? Y as-tu jamais songé ?"

    Angulimala ferma alors les yeux et dit :

    "Conduis-moi sur ce chemin." Et l'on raconte qu'à cet instant même il fut illuminé.

    Quelqu'un qui a l'énergie de devenir fou a aussi l'énergie de devenir illuminé. C'est la même énergie, seule la direction a changé. Si vous ne pouvez être créatifs, votre énergie devient destructive.

     


    The Mustard Seed. p. 137-142

    http://intuition.biosynergie.org/

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